Interview

Einar Scheving

Batteur-compositeur, Reykjavik

Il mélange les genres à l’envi. Pour ne pas perdre le fil, Einar Scheving reste toujours à l’écoute de ses émotions, de son environnement, de son histoire. Cette complexité, cette attention, Château Palmer les partage. Le musicien islandais est l’invité de Hear Palmer 2017, une série d’improvisations jazz sur le millésime de l’année.

Comment êtes-vous devenu batteur puis compositeur ?

Par atavisme familial, sans doute. En Islande, mon père était un musicien célèbre. Je lui dois mes premières leçons de piano à neuf ans, avant d’opter pour la batterie deux ans plus tard. La chance a suivi. Il se trouve qu’à mes débuts, en musique classique, le pays comptait peu de batteur et de percussionniste. J’en ai profité ! Ma nature a fait le reste. J’ai ressenti très tôt le besoin de composer. Mes études de jazz à l’Université de Miami m’ont permis d’assouvir cette envie.

Classique, jazz : vous êtes un musicien pour le moins éclectique…

J’aurais effectivement du mal à coller une étiquette sur ma musique. D’autres le font : « easy listening », impressionniste… Seule certitude sur ce point, ce sont mes origines qui parlent cette fois. Les Islandais affichent une créativité débordante, au point qu’elle est souvent inclassable. Björk en est le parfait exemple. Pour ma part, enfant, je vénérais la pop rock de U2, de Duran Duran, de E.L.O… ; adolescent, je découvrais Miles Davis ; et, des années plus tard, Debussy marquait de son empreinte mes compositions. Sans parler de Ravel. Jouer Daphnis et Chloé pour l’Icelandic Symphony Orchestra fut une révélation !

Votre environnement influence-t-il vos créations ?

Une rencontre humaine, un lieu… peuvent effectivement nourrir une composition. Je me souviens notamment d’un voyage à Rome qui m’avait bouleversé. Dans l’avion, au retour, je composais une musique figurant aujourd’hui sur Intervals, le dernier album du Einar Scheving Quartet. D’ailleurs, la création de ce groupe témoigne à son tour du lien étroit unissant un milieu à ses musiciens. Dans les années 2000, alors que je cherchais des partenaires pour enregistrer mon premier CD, je prenais conscience de l’existence d’une forme de communauté d’esprit entre certains compositeurs islandais. Comme si notre environnement distillait dans nos créations des tonalités communes. Je me suis alors tout naturellement tourné vers des Islandais comme moi, compositeurs ou arrangeurs de surcroît : Eythor Gunnarsson au piano, Oskar Gudjonsson au saxophone et Skuli Sverrisson à la basse.

Autant de raisons d’accepter d’être l’invité de Hear Palmer 2017 ?

Il faudrait être fou pour refuser de jouer dans cette belle région du Bordelais ! Encore plus à Château Palmer ! Comme vous l’avez compris, j’aime mélanger les genres. Ici, l’expérience fait particulièrement sens. Jazz et vin forment un délicieux ménage : l’un s’apprécie tout particulièrement avec l’autre. Et puis, le domaine excelle dans l’art d’élaborer des Margaux. Cette expertise appelle le respect, la curiosité et bien d’autres sentiments encore tout aussi inspirants. J’en suis persuadé. Vivement le 30 mars !

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